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Le développement durable au Nouveau-Brunswick

Le programme provincial dont le projet de Bathurst faisait partie, tel que le ministère des Pêches et de l'Aquaculture du Nouveau-Brunswick le décrivait en 1996.

Le développement durable est essentiel au gagne-pain des générations futures. Au Nouveau-Brunswick, le mieux-être de nos petits-enfants et de leur société nous importe. Afin de préserver notre environnement et nos ressources économiques, nous avons créé un mécanisme de développement durable provincial et communautaire sous la direction du gouvernement. Nous envisageons d'élargir et d'améliorer ce mécanisme dans l'ensemble du Nouveau-Brunswick afin d'atteindre notre objectif, qui est d'offrir un mode de vie meilleur aux générations futures.

Le concept du développement durable a été présenté au Nouveau-Brunswick dans le cadre de la Table ronde du premier ministre sur l'environnement et l'économie, créée en 1988. Celle-ci avait le mandat d'élaborer une stratégie de développement durable pour la province. Les bassins hydrographiques ont servi de base à la stratégie. Les intervenants à ce forum représentaient tous les secteurs de la société néo-brunswickoise, notamment le gouvernement, le monde des affaires, l'industrie, le secteur de l'éducation et le public. La stratégie de développement durable pour la province est le résultat des efforts de collaboration et de dialogue entre ces groupes.

De Bouctouche à Bathurst

En 1991, des problèmes de qualité d'eau sont survenus dans la baie de Bouctouche, sur la côte sud-est du Nouveau-Brunswick. De plus en plus de fermes ostréicoles ont fermé leurs portes en raison du taux élevé de coliformes fécaux, qui est habituellement dû à des fosses septiques inadéquates.

Il est devenu évident que l'économie locale était grandement touchée par les fermetures. Les entreprises locales de la ville de Bouctouche ont demandé au gouvernement d'intervenir afin de résoudre le problème. La question a donc été soumise au ministère des Pêches et de l'Aquaculture, qui a dressé un plan, approuvé par le Cabinet, basé sur le développement durable, pour corriger la situation. Le ministère a sollicité et obtenu des ressources du Fonds en fiducie pour l'environnement afin d'appuyer le plan. Le processus a été mis en œuvre en 1992.

En même temps que les difficultés survenaient à Bouctouche, le développement durable a été adopté comme politique provinciale au Nouveau-Brunswick. L'adoption de la politique, le financement provenant du Fonds en fiducie pour l'environnement et l'accord général voulant que les bassins hydrographiques soient la première cible pour la mise en œuvre du développement durable dans la province ont servi à créer le cadre pour aborder les problèmes dans la région de Bouctouche.

Puisqu'il n'existait pas de processus de mise en œuvre du développement durable, le projet de Bouctouche a servi de modèle pour la mise en œuvre, de 1992 à 1995. Il fallait d'abord créer un groupe d'étude composé de dirigeants fédéraux et provinciaux qui serait chargé directement d'assurer une orientation générale, de conférer les pouvoirs et d'assurer l'engagement du gouvernement relativement au projet. Un groupe de travail multi-organismes, composé de représentants de tous les paliers de gouvernement, de la communauté et du monde des affaires, a été créé afin de concrétiser les directives du groupe d'étude. Il a été déterminé que deux comités devraient être mis sur pied : un comité technique, chargé des priorités en matière de politiques et de planification, et un comité des communications, qui verrait à la promotion et à la sensibilisation du public. Enfin, une équipe de projet a été formée pour entreprendre les tâches sur le terrain.

À l'aide de ce modèle, un réseau provincial a été conçu pour tous les bassins hydrographiques de la province. Le Nouveau-Brunswick compte plus de 200 bassins hydrographiques. Vu ce grand nombre, les bassins ont été regroupés dans sept zones de coordination du développement durable afin de faciliter le processus. Afin de mettre à l'essai et de rajuster le modèle de Bouctouche, le projet de développement durable de Cocagne a été mis sur pied en 1994 et s'est poursuivi jusqu'en 1997. Le modèle a donc été élargi pour mieux être adapté à la base de plusieurs bassins hydrographiques du réseau provincial. L'élément principal du modèle est l'intégration de l'infrastructure aux mandats et aux ressources actuels du ministère, par le réaménagement de l'ordre des responsabilités.

En raison de problèmes semblables survenus dans d'autres bassins hydrographiques du Nouveau-Brunswick, d'autres projets de développement durable ont été mis sur pied, notamment le projet de Caraquet, qui comprendra sous peu Shippagan, et un projet dans la région de Bathurst. Le projet de Bathurst étant le plus récent, il servira à établir un modèle informatisé générique de mise en œuvre, qui deviendra un site de démonstration du processus au niveau international.

Un processus ouvert

La réussite du modèle est grandement attribuable au processus ouvert qui a été établi entre le gouvernement et le public. Grâce à la sensibilisation du public au développement durable, à l'organisation de tribunes publiques où les préoccupations peuvent être exprimées et à la promptitude avec laquelle le gouvernement a répondu aux questions du public, la confiance dans la relation s'est accrue. En conséquence, la réaction à la mise en œuvre du développement durable au Nouveau-Brunswick a été positive.

Grâce à une communication ouverte et aux efforts collectifs du gouvernement, des entreprises et des localités de la province, nous nous rapprochons de notre objectif, qui est de créer un nouveau mode de vie au Nouveau-Brunswick au moyen du développement durable : un mode de vie qui comporte l'intégration de l'environnement et de l'économie en vue d'un meilleur avenir pour tous.

Barry C. Jones, coordonnateur du développement durable, ministère des Pêches et de l'Aquaculture, Fredericton.

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